62/365 chroniques : Pas glamour

Petite digression pour vous parler de mon quotidien de médiatrice numérique dans un territoire rural.

Enfin pas tout à fait. Le maire m’a fait installer un bureau et 3 chaises en bois sortis de la grande remise où ils gardent tout. On est allé les choisir ensemble. La pièce est dans un bâtiment tout neuf, mais le chauffage ne fonctionne pas. L’agent de maintenance est pourtant passé « mais franchement plus ça va plus leur électronique…». Alors j’arrive avec mon soufflant que je branche et qui fait monter la température de quelques degrés.

Tous les 15 jours, je me rends dans un village du Haut Beaujolais, en même temps que ma permanence, il y a le marché. J’arrive avec mon minibus 9 places aux couleurs du centre social pour lequel je travaille, je le gare sur la place, tout le monde le voit. Je vais saluer la responsable de l’agence postale, elle me donne la clé de mon bureau, on parle du temps qu’il fait. Deux espaces carrés, deux ambiances. Un mur nous sépare, elle dans son aquarium jaune et bleu… moi dans ma pièce toute vide.

Y a pas Internet non plus. Je fais un partage de connexion avec mon portable, mais faut que je reste près de la porte sinon ça passe mal. Mais je m’en moque, je suis bien avec mes usagers. Ce sont « mes petits » papy-mamie. Plus souvent des dames que des messieurs. Hier, une carte SIM devenue nano qu’il a fallu activer pour un nouveau téléphone, sans avoir de courriel pour créer son espace abonné. On a bataillé… « put1 de fracture numérique » mais on y est arrivé. Et une demande pour apprendre à scanner un document et à l’envoyer par mail. Ça paraît simple… sauf que le scanner s’avère être une imprimante multifonction raccordée à une tour… et donc pas transportable jusqu’à la permanence… « bon et bien je passerai à la ferme, je vous rappelle pour vous dire quand ? »

Mon bureau est froid mais il y règne une ambiance de feu. Hier on m’a dit que j’avais une patience d’ange. J’ai gardé ça bien au chaud toute la journée.
Demain je serai dans un autre village, encore une autre ambiance, je vous raconterai peut-être.

PS : j’ai écrit ce post pour vous dire que peu m’importe le lieu, ce sont les gens qui font ce que je suis

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