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Journal Intime

Désherbage

Le désherbage ou l’ode à une amie et à la méditation.

Pieds nus dans l’herbe fraîche inondée de soleil. Après la grise et humide journée d’hier, ce petit moment matinal est inespéré. De la rosée, un franc soleil, des brumes encore accrochées au vallon…

Je regarde mes plantes aromatiques et ma lavande, une tasse de café tiède à la main. Elles sont de nouveau envahies par les mauvaises herbes. Le soleil et la pluie se jouent l’un de l’autre et n’en finissent pas de donner ce qu’il faut aux herbes folles, qui en profitent et se multiplient. Ce travail de désherbage est infini, jamais fini, pas fini même quand tu viens de le faire. Tu ne peux en tirer aucun bonheur d’avoir mis fin à la tache que tu t’es fixée. Elle est sans fin, elle ne t’offre que le bonheur de l’instant. Et si tu le goûtes, c’est alors ce qu’il y a de meilleur. Tu es concentrée sur ce que tu fais, tu laisses tes pensées vagabonder, tu mets de la terre sur tes mains, tu attrapes chaud si le soleil tape, tu croises quelques habitants comme ce matin un escargot recroquevillé dans la fraîcheur des herbes, ou bien cette longue limace orange qui semble vouloir en profiter un max, étalée de tout son long et ayant entrepris la traversée de la pelouse.

Depuis qu’une amie chère à mon cœur m’a dit aimer le désherbage, je n’y pense plus de la même manière. Elle l’aime de toute son âme. A l’époque elle vivait à Lyon et on s’était retrouvé dans mon petit havre nivernais. Elle s’est vite accroupie pour aérer mes massifs de fleurs et son sourire lumineux m’a fait entrevoir, moi la parisienne qui se gaussait de porter un costume de campagnarde quelques heures par an, ce bonheur simple qui prouve un certain attachement à la nature et au temps présent.
Parfois donc, ça me prend, je désherbe et j’y prends du plaisir. Je me rappelle ce week-end au vert que nous avons passé ensemble, et son bonheur à elle d’être dans l’instant, les mains dans la terre. Elle sait ce que c’est elle la Terre, elle y a été élevée alors que moi si j’y suis venue à petits pas. La voilà maintenant partie vers d’autres terres, ouvertes sur la mer. Et moi je ne peux m’empêcher de l’imaginer dans son bout de terre, en train de désherber et de préparer son petit coin de paradis.

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