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L… comme lire, lacer

Mon 1er projet d’écriture que j’ose enfin partager en 11 lettres. Et on démarre par la fin, rendez-vous le 1er janvier 2021 pour la genèse du projet, et le début de tout, peut-être…

J’essaye de me rappeler mes premières lectures, impossible pourtant. J’ai en tête des couvertures de livre, car ma mémoire est visuelle mais les titres s’en sont allés comme de rien. Les mots qui les font aussi. Parce que je vis les livres que je lis. Je pars pour quelques heures, quelques jours des fois.

La longue série de La Bicyclette Bleue de Régine Deforges m’a fait frissonner à l’adolescence (8 livres tout de même), j’y étais, je pédalais, j’aimais, j’avais peur comme si ma vie en dépendait. Dur de revenir à la vraie vie, d’y retrouver les mêmes sensations. Dur aussi de replonger dans un autre livre après ça.

Par contre, je me souviens du bonheur d’aller choisir mes livres, plutôt les acheter d’ailleurs que les emprunter. Comme un flash back, La Terrasse de Gutenberg à côté de mon collège à Paris, ou la librairie de la rue Ravanel le Rouge à Chamonix. Des écrins dans lesquels tu pénètres et où tout l’univers se met en mouvement. Au moment où j’écris ces lignes, ce sont les Voyageurs Immobiles qui m’emmènent. Une librairie salon de thé ouverte le week-end, tenue par des passionnés à Lamure sur Azergues (qui a malheureusement fermée depuis que j’ai débuté cette écriture…)

Des fois je rentre avec une idée fixe, je veux ce livre, des fois non et je repars avec des surprises à dévorer.

J’ai essayé d’assouvir mon impatience par les sites en ligne, mais franchement c’est parfait pour des ouvrages pro car je m’informe, puis j’y travaille. Mais pour les autres, non ! Je veux les toucher, regarder la couverture, lire le dos, le reposer, y revenir, ressentir de la joie à l’idée de le feuilleter. L’épaisseur, le nombre de pages ont peu d’importance. L’image, la texture du papier en ont beaucoup par contre.

Il est vrai que j’ai toujours eu une préférence pour la lecture plutôt que pour les chiffres. Eux, ils rentrent ils sortent, il ne se passe rien entre nous, on ne s’enlace pas.

Lacer, s’enlacer… je ne supporte pas bien d’être seule quand plein de gens sont autour de moi. J’ai besoin de créer du lien, de nous relier les uns aux autres.

Je croise les gens, et je sais tout de suite si quelque chose va se passer ou non. Si je ne sens rien, je creuse, il y a forcément quelque chose qui nous relie, et si ça n’est pas le cas, c’est dur, je me sens triste, je vais voir ailleurs.
Paris, Newcastle, Vincennes, Lyon, Barcelone, Saint Ouen, Mennecy, Lamure sur Azergues, Grandris, Saint Just d’Avray… ce sont des villes où j’ai vécu, posé mes meubles, voire juste mes valises, rencontrer des gens, vécu des aventures.

Les aventures de Guillemette, parce qu’avec Guillemette, tout est chouette. On me dit que je me lie facilement avec les autres, c’est sans doute parce que je les aime. Que je suis moi, sans fard alors comme un miroir les autres sont eux-mêmes aussi et le lien se fait. On s’en-lace. Comme pour des lacets, il y a un début, une fin, et en faisant un nœud on peut faire durer le lien, l’allonger.

En prenant le dictionnaire, j’y lis que lacer veut dire assembler. Ça me plaît bien ça, j’assemble quelque chose. Ce quelque chose serait bien une toile, une gigantesque toile d’araignée…. Je m’y ballade, il y a des ramifications partout, je stoppe, je repars… j’aime beaucoup cette image. Fragile, tangible, légère et pourtant si solide.

Le temps s’arrête quand j’écris, et quand je lis aussi.

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