L’homme-escargot

8h21, parvis de la gare de Lozanne. Non, pas Lausanne. Celle du Beaujolais, entre ville et campagne.
Il arrive d’un pas déterminé, casque sur les oreilles, cigarette à la bouche. Cheveux gris, blouson noir. Il fait partie de ces hommes pendulaires. Habite à la campagne, travaille à la métropole. Fini le télétravail, il a remis dans son sac à dos, son ordi portable et son badge. Il marche, à l’heure pour le train de 8h29. Il arrivera à 8h52 à la gare de la Part Dieu – Vivier Merle. A 8h59 il passera son badge dans le portique de l’entrée de son immeuble de bureaux…

Mais là il vient de s’arrêter en plein dans son élan qui le porte vers le quai de la gare. Demi-tour, il se penche et ramasse… un escargot qui traçait sa route sur le parvis, au cul de la camionnette des services techniques de la SNCF garée en vrac. Il le ramasse, son geste est empreint de lenteur et de douceur. Ils se regardent, chacun sa coquille, chacun son chemin. Il le dépose dans le parterre de fleurs (plutôt un parterre d’herbes folles en vrai) pour qu’il mène sa vie et qu’elle ne s’arrête pas sur ce parvis tout gris.

Lui, c’est l’homme-escargot.

C’est ma rencontre de ce matin de septembre, veille de l’entrée dans l’automne. Ce moment de lien homme-nature m’a fait du bien et me rend ma naïveté… on va y arriver à cohabiter et à se respecter. Merci à toi homme-escargot que j’observais de loin, de l’autre côté du parvis, en attente de ma correspondance du car au train, à un endroit où j’avais pu tomber le masque.

Une chronique à écouter pour un instant de poésie du quotidien.

(3 commentaires)

  1. je suis rassuré ! il m’arrive fréquemment de détourner un gastéropode du chemin qu’il emprunte…
    Je ne suis pas seul. A quand l’amicale de protection des escargots ?

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