Catégories
Journal Intime

Nous & Elle… Elles & Moi

Le 1er titre de ce texte a été Toi+Moi… parce que j’avais cette mélodie dans la tête quand Anne-Sophie m’a demandé d’écrire un texte en m’inspirant de la photo qu’elle m’avait envoyée par Messenger. Voilà le résultat.

L. L. : Nous brillons, qu’il pleuve ou que nous soyons inondées de soleil. Nous pouvons aussi nous retrouver dans un brouillard digne d’une côte d’Opale, surtout depuis que tu portes cet attribut qui masque la moitié de ton visage. Nous sommes aussi longues que ta main, du poignet au bout de ton majeur. Aussi légères qu’une plume, parfois tu nous fais valdinguer. Nous sommes dorées comme lorsque tu reviens de vacances et que ta peau, que tu as pris le temps de protéger, est hâlée par le soleil. La géométrie, on en a fait notre affaire, on est faite de lignes et de courbes.

Tous les deux ans, parce que tu y as droit, on te propose de nous mettre au rebut, de nous envoyer sur l’autre continent pour que nous fassions le bonheur des autres. Mais tu refuses toujours. Tu nous aimes, on le sait, tu renouvelles tes vœux tous ces deux ans. C’est le contrat, tu le respectes en partie, tu ne changes que la lentille, celle qui t’es la plus utile.

Cela fait combien de temps qu’on vit ensemble, chaque jour ? Oui car tes nuits ne nous appartiennent pas… dommage… mais quand même, nous sommes unies depuis ce jour où tu nous as tirées du tiroir où nous dormions. Une pleine boîte à souvenirs ce tiroir, des cartes postales, un canif, un rond de serviette, des miettes peut-être aussi, c’était un jour gris, il pleuvait dehors, tu étais triste, mais nous on brillait, c’est toi qui l’a dit quand tu nous as vues… Tu nous as tirées de là, tu nous as soupesées, tu nous as regardées sous tous les angles, tu nous as portées comme si nous étions une boîte à œufs et qu’il ne fallait pas qu’on s’écrase. Avec tes douces mains et tes beaux ongles, tu nous as portées jusqu’à ton visage, tu nous as ajustées sur ton nez, tu t’es regardée dans le miroir, complètement piqué. Et je crois que tu nous as trouvées belles.

A.-S. : Oui, et depuis, nous sommes inséparables, reliées. L’une sans l’autre nous ne sommes rien, juste une moitié un peu inutile. Si nous ne sommes pas ensemble je tombe. Et vous avec. Vous êtes belles, un vrai miroir. Vos écailles n’ont plus d’âge et m’accompagnent à chaque minute. Elles n’ont de repos que quelques heures par jour, quand je vous quitte et que je peux, enfin, dormir sur mes deux oreilles après une journée à écouter les autres, les servir, les écouter, les soigner… et les aimer. Sans vous, je perds l’équilibre. Vous êtes mon double. Parfois je vous cherche partout alors que vous êtes là, tranquillement posées, fidèles à votre poste. Je peste, vous m’écoutez sans broncher, je suis ingrate et vous dispute… mais où êtes vous encore allées ?! Alors qu’en vrai, c’est moi qui me suis perdue. Et puis je vous retrouve, et je vous aime, et je vous pardonne d’être là alors que j’aimerais tellement me passer de vous, j’aurais une autre vie… mais non sans vous, le monde devient flou, il a des allures de kaléidoscope, il devient boule à neige, tantôt calme, tantôt agité. Je suis perdue, vous êtes mon phare dans la nuit. Merci, merci !

G. : Mais qui êtes-vous, bon Dieu ?!

L. L. : Une simple paire de lunettes…

A.-S. : … et pourtant si essentielles !

Anne-Sophie est une vraie personne dans la vraie vie, que je connais personnellement, et avec qui je suis numériquement connectée. Elle lit mes textes, mais je ne le sais pas puisqu’elle ne commente pas forcément… et puis un jour, elle m’écrit et me donne comme instruction « fais toi plaisir et fais moi rêver », des mots qu’elle accompagne de la photo de cette paire de lunettes, un objet auquel elle tient beaucoup. Pendant quelques jours, j’ai ces lunettes à portée de mains, et je laisse mon cerveau travailler en solo, jusqu’à ce que je m’installe à mon bureau et me saisisse de mon clavier. Voilà ce qui m’est venu à l’esprit donc, une histoire d’être ensemble, avec Grégoire en boucle dans la tête, c’est comme ça, je ne l’ai pas décidé, cette mélodie s’est imposée à moi.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *