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Mes écritures

Je me souviens très bien de ma première cuite.

Pour le Rendez-Vous des Plumes du mois de mars 2021, je me suis laissée emporter par le thème du mois « commencement ». Le texte a été publié sur le site de la Petite Boutique des Auteurs d’Amelia.

Amelia anime la Petite Boutique des Auteurs. On se connaît depuis… ces années-là ne se disent pas. Elle fait partie de ces personnes rencontrées dans ma vie d’entrepreneure et que je suis de près, puis de loin, à distance mais avec constance. Et en ce mois d’anniversaire, je tombe littéralement sur son exercice d’écriture qui ne me laisse de repos que lorsque j’ai écrit le texte que je vous partage ci-dessous.

Je me souviens très bien de ma première cuite.

Le saviez-vous ? Selon notre fidèle compagnon G., l’âge moyen de la première cuite est de quinze ans. Et bien moi, j’avais dix ans, en 2021. Et je me suis dit que je devais absolument fêter cet anniversaire. Dix ans, oui, ça se fête. Et pas qu’un peu.

Oui, moi la Chouette Guillemette, je me suis enivrée, totalement, pleinement. J’ai lâcher prise. Je me suis laissée embarquer. J’ai goûter à la lie. Avec ça je ne serais plus jamais crue. Mais complètement cuite, oui, je m’en souviens très bien.

Je ne me souviens plus très bien pourtant du Jour Zéro de l’An Zéro.

Une image, pourtant, me revient. Une fenêtre, étroite et haute, au premier étage de la meulière que nous venions d’acheter. J’ai un téléphone portable à la main, droite. Collé sur l’oreille droite.

Une sensation, je marche sur le sol recouvert de jonc. Je suis pieds nus et je sens le sol inégal me masser. Il y a le soleil qui entre à l’oblique dans la pièce.

Un son, ma voix, et celle plus lointaine de ma jumelle. Celle dont j’emboîte toujours le pas, à quelques pas de là. On se parle on rit, on a déjà vécu mille vies, on s’apprête à en vivre mille autres. On le sait, on ne le sait pas, pas à pas, on se suit. C’est cuit. On s’est dit oui…

Entre l’An Zéro et cette fête d’anniversaire de mes dix ans, un grand grand vide. Tellement plein pourtant. Des fois, je me dis « ah ouais tout ça… » et des fois, « ah ouais tout ça… pour ça ! »

Des fois, le temps s’est arrêté, d’autre fois il s’est accéléré. Il est taquin celui-là.

J’ai ri. J’ai pleuré. J’ai crié. J’ai chuchoté. J’ai somnolé. J’ai veillé. J’ai marché. J’ai trottiné. J’ai aimé. J’ai détesté. J’ai réparé. J’ai brisé. J’ai embrassé. J’ai refoulé. J’ai lu. J’ai écouté. J’ai tapé. J’ai dicté. J’ai écrit. J’ai effacé. J’ai répété. Sans jamais rien regretter.

Ma première cuite, elle a duré dix ans. J’en ai pris plein les dents. Je suis restée en plein dedans.

Quand,
je me suis réveillée, j’étais hébétée, tétanisée, démobilisée,
mais pas affaiblit, Grandie.
L’épreuve était passée. Un succès.
Pourtant droguée, j’ai engendrée
Une Chouette
Guillemette.

Dix ans que l’on tient. Comme de l’étain, notre alliage est solide. C’est splendide.

Ça valait bien une cuite. Complètement fortuite. Sans fuite. Gratuite, réduite à un dix de conduite.

Sur ma route, quelques autoroutes, une belle banqueroute, beaucoup de casse-croûte, de la déroute, et la découverte d’une magnifique véloroute. Celle qui te fait passer du niveau zéro au plus haut sommet d’Europe. Celle qui t’épuise. Celle qui te revigore. Celle qui te secoue. Celle qui te réjouit.

Des rencontres au sommet.

De celles que tu détestes. De celles que tu embrasses. De celles que tu étreins. De celles que tu hais. De celles que tu aimeras à la folie, un jour et pour toujours. De celles qui te feront oublier que demain est un autre jour.

En vérité, je me souviens très bien de ma première cuite, c’était une course poursuite. Une suite de reconduite.

En Terre Cuite, je me suis retrouvée.
Fragile.
Ephémère.
Légère.
Sur une île,
inhabitée.

Mais Mais…
On dirait
Que je ne peux me souvenir
de mes dires
dont j’ai ouï dire
qu’ils se sont noyés dans un rire.
A Ja-Mais.

Une cuite, ma première. A l’âge de raison, une oraison, sans comparaison, rêvons de toutes les saisons. Avec une cargaison, laissons, cessons, reconnaissons, naissons ! Avec un crayon, gommons.
Et recommençons.
Un nouveau cycle, une nouvelle ère, en terre inconnue,
dans un bel hémicycle, le long de la rivière,
Bien-venue.

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