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Sur ma route #30 : Chamonix

Rendez-vous page 105 de l’Atlas Routier France Michelin de 1996 : Chamonix.

Lundi 30 novembre

On est arrivé. Même pas au sommet et pourtant c’est déjà bien haut. Alt 1 035 m. C’est écrit sur le fronton de la Gare. Ce n’est pas le terminus. C’est presque à la frontière et pourtant bien en France. C’est #surmaroute, page 105 de l’Atlas Routier France Michelin daté de 1996. Et je crois que ça le sera toujours, même si je dois faire un détour. C-H-A-M-O-N-I-X.

Je ne le savais pas quand j’ai pris la route le 1er novembre dernier. Je savais que je passerais par certains lieux. Que je m’arrêterais à certains endroits. Que je vous rencontrerais. Mais en toute vérité, je ne pensais pas que toutes ces routes se rejoindraient pour me faire arriver là. Là où je reviens toujours, là où quand je ferme les yeux je me retrouve. Un lieu qui change avec les années, et qui reste immuable.

Les sommets que j’ai gravi, et peut-être le plus emblématique Le Mont Blanc des Dames, le Buet puisque le Mont Blanc himself s’est laissé prendre dans un tourbillon qui nous a empêché de l’atteindre.  Mais aussi tous les autres cols et non moins connus sous-sommets. Et la Petite Aiguille Verte avec ma mère. 

Les trains de nuit pour rejoindre la résidence SNCF où nous passions nos vacances, la malle expédiée quelques jours avant notre départ, la traversée de la France et les lumières des gares dans la nuit, en attendant que ce soit l’heure. Le réveil et la sensation d’être un peu froissée… mais arrivée !

Nos déjeuners à l’Ecole hôtelière entre deux cours de ski.

Le toboggan de la piscine. Les descentes en VTT qui n’auront été qu’une très courte étape, trop dur quand ça monte, trop peur quand ça descend.

La Floria, son drapeau et ses tartes à la myrtille.

Les goûters et les heures de jeu au Tremplin, le restaurant du télésiège des Bossons. 

Tous les livres de Frison Roche, et cette chance qu’il m’en ait dédicacé quelques-uns puisque mon grand-père le retrouvait pour un café (ou un petit blanc, seuls eux le savent, le bar a fermé depuis…). Je suis partie dans le désert avec lui mais c’est bien dans la vallée de Chamonix que j’ai le plus aimé voyager. 

L’école de ski et le stage compétition qui auront forgé mon goût pour les rencontres, le ski, mais pas du tout pour la compétition !! Quand je n’étais pas la dernière, j’étais disqualifiée. Et un goût prononcé pour le style de ski, mais pas pour la vitesse…

Et la chance que ça m’a donné de descendre à plusieurs reprises la Vallée Blanche, et de goûter au bonheur du ski de rando, jusqu’aux lointaines vallées des Pyrénées. D’aimer un peu l’escalade aussi, mais un peu seulement.

Des nuits en refuge autour du Mont Blanc. Dont la plus mémorable au refuge des Grands Mulets, sur la voie historique du Mont Blanc, courte nuit sans sommeil mais pas sans repos dans un endroit magique. Puis l’attente au refuge Vallot : “on y va ? on n’y va pas ?”
Celui de la Pierre à Bérard, qui permet de partir à la rencontre des chamois et des marmottes.

… et tellement plus… et les heures que je pourrais passer à raconter… et toutes celles qu’il me reste à goûter…

Et les gaufres par dessus tout. Impossible pour moi d’y aller sans en manger une. Sans avoir faim, même. Raconter à tout le monde que les meilleures gaufres viennent de là. C’est tout. A nul autre pareil.

Mars 1980 : j’ai 3 ans et je suis prête à tout –
© Archives Bernard François
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J’ai eu du mal à l’écrire cette dernière étape. Peur d’en dire trop, mais surtout pas assez. Je réalise surtout que j’ai écrit tous ces autres jours pour arriver ici, que c’est le dernier, et pourtant le 1er lieu, celui où tout a commencé.  Ce lieu qui m’a fait goûter à l’Aventure.

C’est la fin. Et je sais déjà qu’il me faut un nouveau défi, c’est comme ça que j’avance, c’est ce qui me fait marcher. Une marche à gravir, pas trop haute, juste assez pour y prendre du plaisir, et réaliser que l’effort fait partie du voyage. 

Demain nous serons le 1er décembre, et je serais toujours là. Prête. 

Alors, à demain ?!

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