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Sur ma route #10 : le Médoc

Rendez-vous page 121 de l’Atlas Routier France Michelin de 1996 : presqu’île du Médoc.

Mardi 10 novembre 2020

Ce matin, grand soleil sur la presqu’île du Médoc, à 42 km au nord de Bordeaux, page 121 de l’Atlas Routier France Michelin de 1996. C’est là que je vous emmène pour une petite foulée matinale. Le fond de l’air est frais, je me sens légère… et j’aime repartir dans ce souvenir de l’année 2002 à l’occasion du marathon le plus long du monde, clin d’oeil aux grands châteaux traversés et à leur breuvage légendaire…

Bref, mon 1er marathon, sur un air de défi, en pleine canicule. “Tu es sportive, tu aimes les défi… je t’inscris dans l’équipe. Ta seule obligation : passer la ligne d’arrivée”. Un client avec qui je m’étais liée d’amitié, et qui m’a offert ça comme un cadeau. Et ça c’était 3 mois à peine avant de prendre le départ… un peu court pour préparer un marathon. Vous connaissez la distance : 42,2 km. Et je peux vous dire que les 200 derniers mètres ne sont pas les plus faciles. Mais ce sont les plus beaux. La foule qui vous encourage, vos co-équipiers qui viennent vous cueillir sur ces derniers mètres… la pression qui retombe, les pleurs de joie… Car oui c’est vrai j’ai réussi. J’ai passé la ligne d’arrivée et permis à mon équipe de ne pas être disqualifiée. Mais ce n’est pas grâce à moi qu’elle a gagné ou fait un temps… En effet, je suis arrivée après 06:45:29 secondes de course. 

C’était le 7 septembre 2002. Je m’en souviens comme si c’était hier. 

Et pourtant j’oublie souvent que je peux le faire, que j’en suis capable. Des fois, je me fais une montagne d’un petit rien, je me dis que je ne pourrais pas… et pourtant je l’ai fait ce jour là. Courir, Marcher, Rire, Pleurer… et faire pipi entre les ceps des grands crus du Médoc !

La vie c’est un peu ça, tu connais le chemin, tu cours, et puis c’est le mur. Comme dans un marathon, ce moment où tu as épuisé tes réserves de glycogène, un phénomène physiologique reconnu. Mon collègue de l’informatique, trailer de longue haleine m’avait prévenu : “Bon vu que tu n’as aucun entraînement, c’est sûr ça va t’arriver… tu vas caler… si j’ai un seul conseil à te donner – parce que bon le 1er ce serait de te dire de ne pas y aller, mais comme tu ne vas pas m’écouter – retiens ça : alterne les périodes de course et de marche, et tu verras que tu la passeras la ligne d’arrivée”.

Marathon du Médoc 2004

Quand je suis revenue au bureau le lundi matin, à part des tongs je ne pouvais rien porter d’autres, j’ai du prendre l’ascenseur pour un étage mais je suis allée le remercier, avec la banane. Et là il m’a dit “tu vas voir tu en as pour 42 jours à récupérer. C’est comme ça un marathon. Un jour de récup pour chaque kilomètre”. Il m’aura fallu 3 mois avant de retrouver le goût de l’effort physique. Mais par contre, le moral était bien là. Une énergie d’enfer cet automne là. 

2 ans après, avec guère plus d’entraînement, j’ai remis ça. Et j’ai même amélioré mon temps… de 15 min !!

Et je me dis que la vie elle est comme ça… c’est un marathon. Tu n’y es pas du tout préparé, enfin tu as 9 mois pour comprendre qu’il se passe quelque chose. Mais en fait, on te jette dehors, dedans. Et tu apprends, tu marches, tu cours et tu continues. Et tu as le palpitant, l’adrénaline qui te soulève, les endorphines qui t’amènent à un état de bien-être qui suit la course. Moi ce jour-là, je me suis dit que si je pouvais recourir un marathon sans préparation, ou presque, et bien je pourrais tout faire. 

Ça me porte encore aujourd’hui, quand je n’y arrive plus, que suis face à un mur, je repense à ce jour-là, et je remets mes baskets. 

Alors demain, où allez-vous nous emmener ?!

2 réponses sur « Sur ma route #10 : le Médoc »

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